
Près de 85 apprentis étudient la maintenance des ascenseurs au CFA de Tours. Une formation unique en France.
Ascensoriste n’est pas un métier dangereux. Il présente des risques, mais en étant vigilant et en respectant tous les protocoles de sécurité, on ne craint rien.
Bien sûr, les derniers accidents ont touché Mohamed Naïm, coordinateur de la formation « technicien des ascenseurs » au CFA des Douets, à Tours-Nord. « Des accidents surtout liés à la sous-traitance, et dûs à des artisans pas très vigilants, assure-t-il.
Avec les élèves, on a essayé de décrypter chacune de ces chutes de cabines. On s’est rendu compte qu’elles sont peu probables si toutes les mesures de sécurité sont prises. Il faut que les trois câbles cèdent en même temps et que le système parachute des patins autofreinants soit défectueux ou mal activé… »
D’où l’importance d’une formation scrupuleuse : « Pour chaque action, nous enseignons au CFA des procédures très strictes, rien que pour ouvrir les portes. » Malheureusement, la formation tourangelle de 24 mois – unique en France depuis 1993 – n’est pas obligatoire pour exercer. « Nous ne délivrons pas de diplôme mais une certification homologuée par l’État », rappelle Nadine Nowak, codirectrice du CFA.
La loi SAE de 2003 sur la sécurité des ascenseurs aurait dû impliquer une réorganisation de la profession, et surtout de nouveaux débouchés. « Elle n’a pas eu les effets escomptés. De nombreux propriétaires ont des ascenseurs hors normes, mais ne font pas les travaux… »
99 % des jeunes ont trouvé un emploi
Depuis le début de la crise, le nombre d’apprentis décline au CFA. « Avec la baisse des constructions, l’unique entreprise avec qui nous travaillons et dont nous dépendons a embauché moins de jeunes. » L’an dernier, 99 % des élèves formés ont néanmoins trouvé un emploi. « La technologie des ascenseurs étant très évoluée, les compétences sont facilement transférables à d’autres domaines. » D’autant que la plupart des apprentis sont déjà détenteurs d’un BTS (niveau 4) à leur arrivée au CFA. Une formation de niveau 3 est à l’étude « pour répondre aux besoins de plus en plus pointus des entreprises ». Un autre module, axé sur la sécurité, pourrait être proposé aux sous-traitants.
(maville.com - 19/12/2011)