
Ils sont à un carrefour de leur vie et viennent se renseigner sur la formation à suivre pour construire.
Leur avenir. Les chiffres du chômage sont là, les lycéens ne sont pas dupes.
Reportage
Il y a bien sûr les débonnaires, ceux qui vont d'un stand à l'autre, à l'affût d'un stylo ou d'un petit quelque chose à grappiller. Il y a aussi les « clopeurs », grillant le peu de temps alloué sur le carrefour des formations et des métiers.
Et puis, il y a les autres, ceux qui savent où aller. La génération « concret » dirons-nous. Ceux qui ont les yeux grand ouverts sur le monde qui les entoure, sur les difficultés de trouver un emploi malgré des études brillantes. « Dès la 6e, on nous demande ce que l'on veut faire plus tard. »
Juliette, Chloé et Morgane sont trois amies en 1re L à Mendès-France. Théâtre et danse sont une passion et une option pour elles au bac. « Comédien, cela ne reste pas considéré comme un métier », regrette Chloé.
Au parc des expos, où elles ont « pataugé » au début, elles sont bien allées vers les pôles art-communication. Vers les métiers du social aussi. Elles restent partagées. « On nous dit qu'il faut réaliser ses rêves, explique Juliette. Dans le fond, j'aimerai bien me projeter dans la danse. »
Fini le temps de l'innocence
Mais il y a un frein, comme si le rêve n'est plus permis, « tué » par les chiffres du chômage et un environnement économique difficile. Il faut donc du concret, être sûr de la formation à choisir. « J'ai toujours voulu aller vers un métier dans l'enseignement, professeure des écoles », explique Morgane. Ses camarades l'accompagnent sur le stand de l'Université de Nantes.
« Nous n'avons pas envie d'aller vers des formations qui ne mènent à rien. Nous avons peur de nous retrouver à 30 ans sans boulot, après de longues études. Nous voyons bien ce qui se passe en Espagne avec des jeunes surdiplômés. »
La remarque cingle. Fini le temps de l'innocence, le choix de formation doit être rentable. « Nous sommes à l'école depuis l'âge de deux ans. Nous y passons notre jeunesse. »
(larochesuryon.maville.com - 09/12/2011)