L'éducation de demain passera-t-elle par les nouvelles technologies ? Assurément, semblent répondre les Français.
Selon un sondage Ifop, près de 9 Français sur 10 estiment que ces nouvelles technologies sont "utiles pour l'éducation des enfants et des adolescents".
Plus qu'une utilité, une nécessité pour l'éducation des élèves de collèges et lycées, selon trois quarts des sondés. "Sur cette tranche d'âge, il y a un enjeu immédiat : avoir son bac", analyse Philippe Torres, responsable d'études de L'Atelier, cellule de veille technologique.
Sans surprise, la technologie jugée la plus utile pour l'éducation est l'ordinateur, loin devant la console de jeux.
Par ailleurs, plus des deux tiers des Français réclament l'utilisation de l'ordinateur afin de promouvoir un objectif pédagogique, et ne plus utiliser des technologies dédiées (dictionnaires électroniques, etc.).
Il est amusant de noter que les Français jugent les nouvelles technologies plus utiles dans l'apprentissage de la géographie que de la littérature...
Technos et éducation : un mariage réussi ? Oui, mais pas sans risques.
Plus de 8 Français sur 10 notent que les nouvelles technologies de communications (e-mails, SMS, chat, etc.) appauvrissent la langue française.
Une mission de réflexion pour le gouvernement
Ce sondage sonne comme un rappel du retard français sur l'intégration des nouvelles technologies dans les dispositifs d'éducation.
"La question aujourd'hui est : comment faire pour intégrer les nouvelles technologies dans l'enseignement", pointe Renaud Edouard-Baraud, responsable de la veille de L'Atelier.
En ce sens, le gouvernement a confié une mission de réflexion au député Jean-Michel Fourgous sur la promotion des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'éducation).
Son rapport doit être remis le 15 février prochain au ministre de l'Education, Luc Chatel.
"Les Français vont se passer des enseignants"
"Les enseignants doivent s'approprier les technologies et les intégrer pour structurer leur cours", avance Philippe Torres.
"Sinon, l'enseignement tout entier risque de leur échapper parce que le grand public utilise ces outils dans son éducation et pense pouvoir se passer du professeur.
Si nous n'équipons pas nos enseignants, les Français vont se passer des enseignants puisqu'ils sont très bien équipés à la maison."
"Le rôle de l'enseignant c'est de construire du contenu autour des technologies, parce que si les Français ont l'impression de faire de la géographie avec Google Earth, ce n'est qu'une impression", renchérit Renaud Edouard-Baraud.