
C'est un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître…
Jusqu'au 9 novembre 1981, la radiodiffusion relevait en effet en France du monopole de l'Etat.
La bande FM n'était occupée que par quelques stations ennuyeusement officielles, les autres étant des "radios pirates" qui bravaient l'interdit.
La loi promulguée par le gouvernement de François Mitterrand est venue secouer les ondes, et a provoqué l'éclosion de milliers de radios libres.
Faute de moyens financiers, beaucoup de ces pionnières n'ont pas survécu. Pour autant, elles ont permis à beaucoup de vocations d'éclore. Trois décennies après, les temps ont un peu changé, les technologies ont évolué, et le métier de journaliste radio nécessite de plus en plus d'être passé par une formation dédiée…
Le journalisme, de manière générale, n'est pas le secteur le plus créateur d'emplois. Les postes en radio ne courent pas les rues, mais les places existent, notamment en région, où la concurrence est un peu moins rude.
Pour devenir journaliste radio, une perpétuelle curiosité est un atout indispensable dans le domaine de l'information et de l'actualité. La radio étant un média particulier, le journaliste radio doit savoir captiver les foules en donnant à "voir" l'information. Enfin, c'est une réelle envie d'informer les autres qui doit primer chez lui.
Au départ, la pige...
François fait partie de ces nombreux journalistes qui ont appris leur métier sur le terrain. "Je n'ai jamais fait d'école de journalisme ! Pourtant, aujourd'hui, je conseillerais aux jeunes d'en faire une, car c'est plus sûr". Après avoir fait ses classes dans une radio locale et s'être familiarisé au Nagra et au Revox (matériel d'enregistrement et de montage de bande-son, ndlr), le voici parvenu à son poste actuel. "J'ai tourné dans de nombreuses radios avant d'arriver à Paris, pour un remplacement qui s'est finalement terminé en CDI".
Curiosité et culture générale sont de mise
Premier conseil indispensable pour réussir en radio : ne pas chercher immédiatement une spécialisation, et préférer traiter tous les sujets. Pour cela, inutile de signaler qu'une culture générale de qualité est nécessaire, impliquant curiosité et envie d'apprendre. "Si vous ne vous intéressez pas à la vie politique au sens large, c'est-à-dire à la société en général, ce n'est même pas la peine de penser à faire du journalisme" ! Autre atout indispensable : avoir une réelle envie de transmettre l'information aux autres. Car "un bon journaliste radio est avant tout un journaliste qui utilise un langage fort et porteur afin de donner de l'image au son...", conclut François.
Après le bac : Deux possibilités s'offrent à vous : intégrer un IUT ou se former à l'université. Pour être certain de votre bagage, visez au minimum une maîtrise. Autre solution apparue récemment : deux licences professionnelles, avec la licence de journalisme et celle d'animation et gestion d'une équipe rédactionnelle à l'IUT de Lannion. Elles sont accessibles aux diplômés d'un bac+2, d'un DUT ou à des journalistes en activité pouvant justifier d'acquis professionnels.
Après un bac+2/3 : Il y a neuf écoles reconnues par la profession. Elles sont accessibles à partir d'un bac+2, même si leurs concours d'entrée s'apparentent à un véritable recrutement professionnel. A noter qu'il existe des formations en alternance encore assez méconnues.
Pensez enfin aux écoles privées, certes moins cotées que les autres. Mais certaines d'entre elles tirent pourtant leur épingle du jeu.
(Orientations - 22/11/2011)