
Le conseil d’analyse stratégique (CAS) a publié en juillet le rapport de synthèse de ses travaux sur le travail et l’emploi dans 20 ans.
En ces temps dominés par le court terme et le commentaire à chaud des chiffres du chômage, un peu de prospective non quantitative ne saurait nuire.
Pour établir deux scénarios plausibles, le CAS est parti de cinq questions basiques en apparence mais qui n’en constituent pas moins le fond du débat : Pour quoi travaille-t-on ? Pour qui travaille-t-on ? Comment ? Où ? Et quand ?
Quelle forme de travail dans 20 ans ?
Selon le CAS, les formes de travail devraient évoluer sur la base de deux facteurs principaux : d’une part, le maintien du caractère prédominant du salariat, avec des recompositions internes fortes autour du triptyque salariés stables/sécurisés, salariés “mercenaires” à revenus variables et salariés précaires ; d’autre part, la mutation du travail indépendant et le développement de formes de travail aux frontières floues (multi-activité, portage, franchise…).
Deux scénarios contrastés
Le premier scénario envisagé par le CAS est celui d’une accélération technologique et sociétale : les nouvelles formes de travail et de formation se développent (travail nomade, e-learning…) et l’usage massif et généralisé des TIC individualise plus fortement les comportements. La demande d’autonomie des travailleurs et la contestation de l’autorité conduisent à un accroissement du travail indépendant et à des formes de salariat « moins subordonné ».
Le second scénario est celui d’un rééquilibrage et d’un volontarisme des acteurs, soit « l’avènement de nouveaux équilibres favorables à une moindre pression sur le travail et l’emploi » : l’après-crise de 2008-2009 a conduit les institutions internationales à chercher les moyens de réguler le système financier international et à imposer des normes sociales minimales favorisant la protection des travailleurs.
(parlons-recrutement.michaelpage.fr - 08/02/12)