

Le cordonnier est un métier qui a tendance à disparaître au fil du temps car le monde de la chaussure a bien changé.
Stéphane Ardillon nous parle de son parcours peu habituel.
Pourquoi avoir choisi de devenir cordonnier ?
J'avais 17 ans, je n'aimais pas les études. J'ai décidé de partir étudier à Cholet dans une école de cordonnerie. Apprendre les techniques de collage et de couture sur les chaussures de cuir. Mais si je me suis dirigé dans cette voie c'est que j'avais l'amour des belles chaussures, c'était une fascination « les belles pompes ».
Il faut dire qu'il existe toujours des chaussures haut de gamme, ainsi que des chaussures hors normes avec de grandes pointures. En 1987, j'ai trouvé un local à Honfleur et je me suis installé. Je voulais perpétuer le savoir-faire de la chaussure de qualité.
Comment vit un cordonnier aujourd'hui ?
Un cordonnier doit s'installer dans une ville 8 000 à 12 000 habitants s'il veut tenir
Mais il faut être lucide que la chaussure ne peut pas faire vivre, j'ai dû m'adapter à d'autres activités comme les clés de toutes sortes, les plaques d'immatriculation, les tampons encreurs, et les dérivés d'entretien du cuir comme le cirage.
Il ne faut pas compter les heures dans ce métier, je suis mon propre patron.
Il faut malgré tout un gros investissement pour acheter la machine semi-industrielle qui coud, ponce et colle.
Y a-t-il un avenir dans la cordonnerie ?
Je suis septique car il ne reste que deux écoles de cordonnerie en France. J'ai rarement de jeunes qui viennent me demander des stages alors que ce métier manuel est intéressant.
Aujourd'hui, il faut s'adapter aux nouvelles techniques de collage et de matière. J'aimerai transmettre ma passion, mais mon fils n'est pas partant.
Ces métiers devraient être proposés aux gens qui aiment le beau. Le cuir est une matière noble qui mérite de vivre plus longtemps grâce au savoir-faire de ceux qui le travaillent.
(ouest-france.fr - 26/01/12)